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Face au confinement, la faune au naturel !

La faune au naturel

Point de jugement, un simple constat...

Nous sommes le 25 mars, habituellement en cette période de l'année, les stations de ski sont encore ouvertes. La fréquentation n'y est pas très forte mais skieurs, dameuses, remontées mécaniques, restaurants d'altitude... s'activent encore jours et nuits. En dehors de ces domaines skiables, à partir de la mi mars, les skieurs de randonnée sont nombreux. Les refuges ré-ouvrent pour la saison de ski de printemps.

Et là, en cette fin mars et pour de nombreuses semaines encore, la montagne est déserte pour cause de covid 19. Seules quelques personnes sont autorisées à s'y rendre : éventuellement le personnel des remontées mécaniques qui se doit de mettre en sommeil «l'outil de travail», le PGHM et les CRS de montagne qui essayent de faire respecter l'ordre de confinement aux adeptes des loisirs de montagne confrontés à l'ennui ! Bref domaines skiables, parc National des Ecrins, refuges de montagne et leurs abords, routes, sentiers, pistes forestières sont délaissés par l'espèce humaine.


Mais la nature a horreur du vide ! Donc la faune sauvage qui habituellement essaie de trouver sa place au milieu des activités humaines, non sans difficulté, a le champ libre...

Deux espèces me viennent à l'esprit, les lagopèdes alpins et les tétras lyre. Ces galliformes sont actuellement en pleine phase de reproduction. Les tétras lyres sont très actifs au lever du jour et une bonne partie de la matinée lorsqu'ils ne sont pas dérangés. Les poules chantent, les mâles s'affrontent en lisières de forêts sur des places de chants, habituellement les mêmes d'une année sur l'autre, quasiment toujours à l'ubac, là où sont également implantées la plupart des stations de ski. En ce moment, ils roucoulent ou se battent sans être perturbés par l'ouverture d'un télésiège ou le passage d'un skieur de randonnée. Ils n'ont à se méfier que de certains prédateurs tels que aigle royal, renard, martre, ...

faune conséquence covid 19
Tétras lyre mâle (Laurent MEYER)

Plus haut, les lagopèdes alpins, reliques glaciaires témoins des dernières grandes glaciations qui se sont réfugiés sur les pentes au dessus généralement de 2500 m d'altitude. Eux aussi sont en pleine reproduction. Leur population se réduit d'année en année face au réchauffement climatique. Le dérangement hivernal et printanier par les skieurs n'arrange pas les choses.

faune montagne briançon
Lagopède (Laurent MEYER)

Je pourrai continuer à énumérer longuement les espèces montagnardes qui bénéficient de cette quiétude soudaine... Est ce un mal pour un bien ? Point de jugement, un simple constat. Mais lorsque nous retournerons (assez vite, j'espère...) en montagne, essayons d'avoir, à minima,
conscience de notre impact sur la faune et au mieux essayons de faire évoluer nos pratiques dans le bon sens. Laurent MEYER

briançon serre chevalier hautes alpes
Lapopède alpin (Laurent MEYER)